Journal de bord de l'Harmattan
Samedi 15 aout 2026, Ă  17 h TU, 19 h en France. - A Cormeilles en Vexin
N° 1423 - La guerre de l’eau

Bonjour Ă  tous,

Lorsque j’étais jeune, il pleuvait régulièrement et l’eau coulait à flots, cela semblait naturel. J’avais environ 30 ans (vers 1980) et je rends visite à mon oncle près de Gournay en Bray. Il a une petite ferme et élève une centaine de vaches. Nous sommes près du puits, il vérifie le niveau et me dit « Il faut faire attention à l’eau, un jour nous n’en aurons plus ». Je suis interloqué, il n’est pas un ayatollah écologiste. C’est comme s’il m’annonçait que le soleil allait s’éteindre. Je suis sidéré.

Et pourtant, aujourd’hui, je vois qu’il avait raison. Avec cette canicule, une vache boit 100 litres d’eau par jour, pour 100 vaches, cela représente 10 m3 tous les jours pour ses bêtes, 50 fûts de 200 litres tous les jours !!! C’est ahurissant ! L’eau est l’élément le plus vital pour l’homme, on ne peut pas s’en passer.

A cette époque la mer d’Aral existait encore. C’était une énorme étendue lacustre, la quatrième plus vaste au monde. Alimentée par deux grands fleuves, l’Amou-Daria et le Syr-Daria, elle s’étendait sur 428 km sur 284 km et était partagée par le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Elle était parcourue par de nombreux bateaux, des cargos et des ferrys.

Puis les deux fleuves ont été détournés pour produire intensivement du coton. C’est un désastre écologique, la mer a été asséchée et elle a disparu. Cette situation provoque des tensions régionales entre les pays en amont et ceux en aval.

J’ai visité la Jordanie (un de mes plus beaux voyages). J’arrive à Al-Maghtas (l’ancienne Béthanie). Je suis à l’endroit où le Christ aurait été baptisé. Il n’y a pas d’eau, c’est le désert, il faut encore marcher quelques centaines de mètres pour arriver au Jourdain. C’était à l’époque un large fleuve, ce n’est plus aujourd’hui qu’une toute petite rivière boueuse.

Je continue à rouler et bientôt j’arrive à Swemeh, au nord de la mer morte, puis je longe celle-ci en allant vers le sud. Quel choc ! Il n’y a presque plus d’eau, les plages ont été remplacées par des pentes de terre craquelée et l’eau se trouve à plusieurs dizaines de mètres en dessous. C’est triste. Elle est menacée de disparition elle aussi. De très nombreux « ressorts » sont abandonnés, c’est la désolation.

La cause est encore une fois humaine, le fleuve Jourdain qui l’alimentait a été très largement détourné (environ 95%) pour l’irrigation de cultures intensives. Cette situation provoque ici aussi des tensions régionales.

Nous pourrions également évoquer le problème du lac Tchad, dont la superficie a été divisée par dix depuis 1960.

Beaucoup de pays sont amenés à dessaler l’eau de mer. Pour certains c’est même une énorme dépendance, 90% pour Koweït et le Quatar, 86% pour Oman, 70% pour l’Arabie Saoudite et même un objectif de 60% pour … l’Algérie. Un missile sur une usine, que devient la population ?

Nous devons tous économiser l’eau. J’avais deux hortensias, je les ai laissé crever. On ne peut plus se permettre de gâcher de l’eau pour des fleurs.

A bientĂ´t
Jean-Louis
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