Journal de bord de l'Harmattan
Dimanche 31 Janvier 2021 Ă  18h00 TU, 19h en France - A Cormeilles en Vexin
N° 1284 - La fin d’une longue traversĂ©e

Bonjour Ă  tous,

J’ai reçu ma première injection du vaccin Pfizer depuis maintenant une douzaine de jours et je me sens libéré, pas encore tout à fait libre comme l’air mais la délivrance approche. D’après les études, je dois être protégé actuellement à 52% et cela va monter entre 60 et 70% dans les jours qui viennent. Quel réconfort !

Vendredi mon téléphone sonne, c’est un numéro que je ne connais pas « Ici le centre de vaccination ». Je n’aime pas du tout ce coup de fil. « Vous n’allez pas repousser mon rendez-vous ! ». La fille est toute gentille, elle s’excuse platement et me dit qu’ils ont reçu des directives gouvernementales et qu’ils doivent impérativement caller 28 jours entre la première et la seconde injection.

Je ne comprends pas, le 16 février, date de mon rendez-vous pour la seconde injection se situe 4 semaines après ma première injection. « Mais non monsieur, cela ne fait que 27 jours. Aussi je vous propose un rendez-vous pour le 17 (le lendemain) à la même heure ». Je suis sidéré, que de problèmes pour une journée ! Il doit vraiment y avoir un énorme problème sur les approvisionnements de vaccin !

Lorsque je raccroche, je respire un grand coup. Quel bonheur ! J’avais tellement peur de recevoir ce même coup de téléphone pour me signifier un report de 15 jours. J’y pensais tous les jours. En plus, je suis maintenant pratiquement sûr qu’un vaccin est mis de côté pour moi et que je vais recevoir ma seconde injection le 17 février.

Le vaccin atteignant son efficacité maximum, à savoir 95%, au bout d’une semaine après la seconde injection, je serais tout à fait tranquille dès la fin février et je vais enfin pouvoir retourner à mon bateau. Harmattan me manque, je ne l’ai pas revu depuis le 7 Mai de l’année dernière, cela fait presque dix mois ! J’ai hâte de terminer les réparations les plus urgentes pour le remettre à l’eau et retrouver les petites criques paradisiaques de la Méditerranée.

Mon généraliste et ma pharmacienne m’ont dit avec une beaucoup d’aplomb : « Attention, le vaccin n’évite pas les gestes barrière, vous pouvez toujours propager la COVID ». Je pense qu’ils font une erreur, d’une part les scientifiques n’ont toujours pas de certitude mais on peut penser que même si on attrape le virus, il ne peut pas se développer et on ne peut donc pas atteindre la charge virale nécessaire pour être contagieux.

Quoi qu’il en soit je continuerais à pratiquer les gestes barrières à l’extérieure, ne serait-ce que par respect envers les personnes qui ne sont pas vaccinées. Mais rien ne m’empêchera de faire des câlins à mes petits enfants et de les embrasser. Tout comme moi, ils sont en manque depuis tellement longtemps !

Cette fin de semaine j’ai regardé avec beaucoup d’émotions l’arrivée des différents concurrents du Vendée Globe. 80 jours de solitude, c’est énorme ! Moi je n’ai jamais dépassé les 30 jours je crois mais je peux les comprendre, c’est l’ascenseur émotionnel. Trop heureux d’arriver, de pouvoir savourer une bonne bière pression glacée et une bonne entrecôte de bœuf bien rouge avec des frites. Trop heureux de voir du monde et de pouvoir admirer les filles dans la rue mais également nostalgique que l’aventure se termine et puis c’est dur de quitter cette solitude que l’on finit par chérir.

Pour ma part je ne suis pas du tout convaincu par les bateaux à foils. Quelques heures de différence à l’arrivée après 80 jours de mer ! Encore une fois je trouve que ces appendices qui trainent dans l’eau n’ont rien de marin. C’est bien pour une régate en rade mais pas pour un tour du monde sous les hautes latitudes. Et puis que de millions dépensés pour construire ces bateaux ! Pour que cette course reste belle et que l’aventure continue il faudrait peut-être réfléchir à cela.

A bientĂ´t

Jean-Louis
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