Journal de bord de l'Harmattan
Mon, 18 Mar 2019 18:00:00 - A At-Tafila, Jordanie
N° 1212 - Une mer sans bateaux



18h00 TU, 19h en France


Bonjour Ă  tous,

Nous avons commencé la journée un peu à l’envers. En effet nous avons
visité le Sanctuaire de la Décollation de Saint Jean Baptiste à
Madaba. C’est une église construite là où l’apôtre a été décapité à la
demande de Salomé la fille d’Hérodiade. Déjà à l’époque la barbarie
était bien présente. En fait je voulais visiter l’Eglise Saint Georges
et son immanquable carte mosaïque mais je me suis trompé.

J’écris que nous avons commencé la journée à l’envers car ce n’est
qu’ensuite que nous nous sommes dirigés sur « Béthanie au-delà du
Jourdain », là où justement Saint Jean Baptiste a baptisé Jésus. Nous
sommes repassés devant le Mont Nébo puis nous avons dégringolé les
1250 mètres presque verticaux pour atteindre la Jourdain. Du coup nous
sommes passés de l’hiver à l’été en moins d’une heure.

C’est là, dans cette montagne quasi désertique que nous avons commencé
à apercevoir les tentes de bédouins. Nous en avons vu toute la
journée, je n’imaginais pas qu’il restait encore autant de bédouins
vivants sous la tente. Il faut dire que bien souvent, à côté des
moutons, des chèvres, de l’âne et du dromadaire trône un magnifique
4X4 pickup.

Je suis très impressionné par les paysages, plus nous avançons et plus
nous avons l’impression de descendre au cœur de la terre, entourés
d’alluvions séchés formant de véritables montagnes. Nous arrivons
maintenant sur le « Baptism Site ». Nous y allons en bus et encadrés
car là aussi nous sommes dans un genre de no-mans land équipé de
grandes clôtures grillagées, de barbelés et de miradors. Nous devons
encore passer des check-points.

Le site précis où Jésus a été baptisé se trouve maintenant au milieu
des terres car le Jourdain est lui aussi en train de mourir. C’est une
véritable catastrophe car pour plus de la moitié de l’humanité il est
considéré comme un fleuve sacré. Il sert maintenant à irriguer les
cultures. Sur les cinquante dernières années la mer morte a perdu plus
du tiers de sa superficie car le Jourdain a presque cessé de
l’alimenter.

Nous devons encore marcher jusqu’à une petite église et là nous
découvrons un petit cours d’eau de seulement quelques mètres de
largeur et d’une couleur marron pas très engageante. Malgré tout, à
quelques dizaines de mètres, sur l’autre rive, côté Israélien, une
foule de pèlerins est en train de se baptiser. Les gens, recouverts de
longue tuniques blanches par-dessus leur maillot de bain descendent
dans le petit cours d’eau. Le jeu consiste à mettre la tête sous l’eau
mais certains s’y refusent.

Nous repartons ensuite et découvrons la mer morte. Nous la longeons du
Nord au Sud et je dois dire que c’est un spectacle assez triste. D’un
côté il y a cette mer sans ride, sans vague et sans bateaux et de
l’autre une montagne abrupte et aride. On a souvent l’impression
d’être quelque part sur la lune.

Pour finir nous devons Ă  nouveau escalader la montagne pour rejoindre
At-Tafila. Encore une fois nous passons dans des paysages lunaires
absolument Ă©poustouflants.

Demain nous nous dirigeons sur Petra, le but ultime de ce voyage.

A bientĂ´t


Jean-Louis
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