Journal de bord de l'Harmattan
Mercredi premier Juillet 2020 Ă  17h00 TU, 19h en France - A Cormeilles en Vexin
N° 1273 - Le rase cailloux



Bonjour Ă  tous,

Pendant le confinement l’école des Glénans à organisé des « Topos » en ligne animés par les moniteurs des Glénans sur l’application « Zoom » et sur Facebook. Le nombre de participants à chaque réunion est limité à 1000 mais on peut les suivre également sur Facebook.

Hier soir c’était mon ami Pierre-Yves Durand qui officiait. Le thème était « Le Pilotage, comment raser les cailloux ». Un grand bravo, un bel exposé, c’était bien préparé, clair et didactique. Cela a dû intéresser pas mal de jeunes navigateurs.

Vous pouvez le revoir jusqu’à demain soir, c’est sur « Facebook les Glénans », pas besoin d’avoir de compte Facebook pour le regarder. Cette vidéo dure un peu plus de 40 minutes, profitez-en.

En général les mecs adorent faire du rase cailloux, c’est comme la pêche à la traîne. Pour ma part je ne suis pas très rase cailloux (et je ne suis pas pêche à la traîne), je trouve que c’est prendre des risques inutiles mais je comprends ceux qui pratique cela, comme pour la pêche, c’est dans les gênes des mecs.

Par contre j’adore les passages difficiles s’ils se trouvent sur la route de mon voyage.
Je te remercie Pierre-Yves, tu m’as fait revivre une traversée de l’archipel de la Maddalena. Il y a quelques années, je revenais de Turquie en solitaire sur Harmattan et je suis arrivé au Sud de l’archipel après la tombée de la nuit. J’ai passé une nuit merveilleuse et inoubliable à tirer des bords sur les alignements. Au lever du jour, en retrouvant la mer libre au large de Bonifacio je suis allé me coucher des étoiles plein les yeux après avoir confié la route au pilote automatique et la surveillance au radar.

Nous en avions parlé avant, Pierre-Yves, il y a toujours cette discussion entre nous sur l’usage du GPS. Tu précise dans ton exposé que « le GPS peut aider », je ne suis pas de ton avis, pour moi, et en particulier dans les passages difficiles « le GPS est indispensable » au même titre que le sondeur.

Plusieurs facteurs vont dans ce sens. Dans ces lieux dangereux où la moindre erreur peut être fatale, Il est impératif d’utiliser toute la panoplie des moyens de positionnement si tous concordent tout va bien mais dès qu’il y a une anomalie on doit immédiatement trouver la défaillance et en tenir compte.

Le premier problème est que malheureusement l’être humain n’est pas parfait, il peut toujours commettre des erreurs. Un exemple, mon frère Alain, qui adore faire du rase cailloux, a voulu passer entre Moustique et Morpion (aux Antilles, dans Les Grenadines). Il a entendu un grand bruit et en se retournant la mer était remplie de détritus blancs. C’étaient les restes d’une des dérives de son catamaran de location, il s’était trompé d’amer !

Il y a également les erreurs de cartographie ou de balisage. Durant mes douze années de navigation, mes 70 000 Miles parcourus soit l’équivalent de trois tours du monde, j’en ai vu un certain nombre. Encore un exemple, dans les canaux de Patagonie une balise rouge alors qu’elle aurait dû être verte ! Un autre exemple, ce bateau de course de la Volvo échoué sur un récif au large de l’île Maurice du fait que selon le niveau de zoom celui-ci n’apparaissait pas sur la carte.

Et puis il y a le temps, à tous moments une purée de pois peut s’abattre sur la mer à n’y plus voir son balcon avant. Pour moi on doit utiliser un maximum de données qui doivent toutes se consolider, les alignements, les relèvements, le GPS, les différents niveaux de zoom, le sondeur et pour finir le bon sens. Combien de fois on devrait avoir une mer libre sur l’avant et pourtant il y a un caillou !!!

Pierre-Yves, encore un grand bravo pour ton exposé.

A bientĂ´t
Jean-Louis
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