Journal de bord de l'Harmattan
Thu, 26 Jun 2012 23:30:00 - 28° 37’W 38° 32’N
N° 517 - M’a tout l’air d’un gros souci

01H30 J+1 en France, 23H30 heure du bord

Bonjour Ă  tous,

Oui, m’a tout l’air d’un gros souci ce qui me tombe sur le coin du nez !

J’ai décidé de consacrer ma journée au bateau, il le mérite bien puisque cela va faire bientôt 40 000 Miles de parcourus ensemble. Ce matin j’ai donc attaqué par les voiles, rien de bien méchant mais quelques réparations ou réglages à faire sur les guindants, des cordages à raccourcir, encore quelques petites modifications de gréement courant …

Puis il y a bien fallu que je me penche sur ce problème de mat. C’est vrai que je n’avais pas trop envie de voir la vérité en face, au fond de moi je savais très bien ce que j’allais découvrir. Au Vanuatu j’avais déjà été obligé de retendre mes bas haubans ce qui n’était pas normal. Cela m’avait interpelé à l’époque mais, comme je n’avais plus constaté d’évolution depuis, c’était un peu passé dans l’oubli.

Au Sri Lanka, j’ai cassé ma sous-barbe en dérivant, c’est cette chaine qui part de l’étrave et qui monte sous l’avant de la delphinière, elle fait partie du haubanage du mat en reportant les efforts de l’étai principal. Je n’ai pas pu à l’époque reprendre correctement le réglage de cette sous-barbe et mon gréement était mou. Je l’ai retendue à Cape Town. L’ai-je trop tendue ?

Quoi qu’il en soit, au niveau ou le mat est posé sur le pont, il s’est formé une petite cuvette d’environ un centimètre de profondeur, signe que quelque chose s’est affaissé.
C’est très ennuyeux. Harmattan est construit de façon très particulière. Les bateaux d’aujourd’hui sont réalisés dans un moule et la quille est rapportée par boulonnage dans le fond du bateau. Soit le mat est d’un seul morceau et passe au travers d’un trou dans le pont pour aller reposer sur la quille, soit une épontille, gros cylindre en acier ou en aluminium s’appuie sur la quille et vient se caller sous le pont au dessus du quel le mat repose en s’appuyant sur une semelle.

Les efforts sont donc toujours rapportés sur la quille. Pour Harmattan c’est très différent, il a été construit sur une forme mâle, un mannequin si vous voulez, la quille en l’air. En fait il n’y a pas réellement de quille. Il y a le flanc du bateau, puis le dessous, nous sommes alors dans une partie concave puis vient une partie convexe (le retour de galbord) qui se termine par une partie verticale (la quille) puis une partie horizontale (le bas de la quille) avant de remonter de l’autre côté de la même façon. En fait tout est d’un même morceau.

Lorsque cette coque a été terminée, le bateau a été remis à l’endroit, on a inséré dans l’espace de la quille une grosse plaque de plomb et on a comblé avec de la grenaille de fonte avant d’envoyer une espèce de braie pour boucher les vides. Les cadènes sont faites à partir de gros ronds d’acier inox (du Rod) qui part d’un bord de la coque pour aller sur l’autre bord en suivant toute la coque et en passant par le bas de la quille. Pour tenir l’écartement, dans les fonds sont soudés des barres horizontales entre les deux côtés du Rod.

Ensuite, au niveau de chaque mat est coulé un énorme bloc de ciment sur les quels viennent prendre appui les épontilles. C’est un peu technique mais cette construction est très particulière à ce bateau, je rappel qu’il a été construit en 1969 et que c’est un des touts premiers bateaux en polyester.

Apparemment, puisque la cloison intérieure a également bougée, il semble que le bloc de béton se soit un peu enfoncé. La grande question que je me pose et pour laquelle personne ne peut m’aider, c’est :
Est-il raisonnable de continuer ainsi ? J’ai maintenant hâte d’arriver, de mettre mon bateau à sec et d’expertiser ce problème.
Cela va être un très gros travail, il va falloir trouver la cause puis des solutions.

La nuit porte conseil, il est bientôt minuit, ce soir j’ai reçu mon copain de mouillage à dîner, j’y verrais peut être plus clair demain matin.

A bientĂ´t

Jean Louis
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