Journal de bord de l'Harmattan
Tue, 27 Mar 2012 19:00:00 - 17° 49’W 11° 26’N
N° 480 - Le nez dans l’alizĂ©



22H00 en France, 19H00 heure du bord

Bonjour Ă  tous,

Hé bien c’est parti, je suis le nez dans l’alizé en train de traverser
des côtes africaines à l’archipel du Cap Vert.

Cette nuit j’aurais dû avoir de l’Ouest force deux à trois, c’était
bien de l’Ouest mais force rien. Aussi j’ai remonté plein nord au
moteur pour arriver au petit matin sur l’archipel des Bijagos, 11°N et
17°W. J’ai très bien dormi, le bateau était un vrai pullman sur cette
mer qui ressemblait à un lac. Je n’ai eu qu’à gérer quelques pêcheurs.

Je me lève à 6h30 et comme tous les matins je regarde mes mails. Il y
en a un de Jangada, qui me donne sa position à 5h du matin, il n’est
qu’à quelques Miles, il vient du Sud et moi de l’Est. Super, si on ne
fait pas attention on va se tamponner !

Je termine de traiter mes mails et Ă  7h je sors dans le cockpit pour
apercevoir sur mon bâbord avant Jangada. Je suis tout excité, vite, la
toilette, des habits propres, un coup de peigne. Lorsque je passe Ă 
nouveau la tête à l’extérieur, nous ne sommes plus très loin. J’allume
la VHF et nous entrons en contact. Olivier me dit que les enfants,
Adélie et Marin, ont fait des crêpes pour moi.

Je sors l’appareil photo et Olivier vient sur mon arrière pour me
frĂ´ler pendant que Marin me tend un sceau au bout de la gaffe. Quel
grand moment de bonheur, je suis parti de Saint Hélène depuis 18 jours
et la solitude commence forcément à me peser. Les appareils photo
crépitent puis on se dit « à bientôt » et chacun reprends sa route. On
doit se retrouver Ă  Porto da Praia dans quelques jours.

Un tour du monde c’est aussi cela, des énormes petits moments de
bonheur. C’est l’heure du petit déjeuner, les crêpes sont chaudes,
c’est un régal. Le catamaran d’Olivier est magnifique, pour les
amateurs il est à vendre dès sont arrivée à La Rochelle. En effet,
Olivier doit se remettre au travail, et vendre son bateau pour
s’acheter une maison. Je lui souhaite bon courage car après trois ans
de vacances sur les océans cela va être difficile.

Mon intention est alors de continuer Ă  remonter au nord mais le vent
se lève, il est plein Nord. Du coup, je décide de partir pour la
traversée. J’aurais préféré gagner encore un degré ou deux de latitude
mais je ne vais pas me battre ici contre un vent du Nord, s’il le faut
je pourrais toujours tirer des bords plus tard.

Normalement ma route est cap au 302. Mais malheureusement je
m’aperçois rapidement que c’est trop juste et que je n’arrive qu’à
tenir entre 280 et 290. Le problème vient d’un courant de 2N qui porte
au Sud. J’essaye différentes configurations mais je n’arrive pas à
faire mieux. Ce n’est pas très grave, je vais poursuivre comme cela,
peut être que j’aurais un peu de NE qui me permettra de corriger la
route. Sinon je devrais tirer des bords.

Je suis Ă  440 Miles de Porto da Praia. Je compte 4 jours, c'est-Ă -dire
une arrivée samedi si tout va bien. A bord la vie est difficile car le
bateau est très gité et il fait des bonds terribles. A midi j’ai voulu
faire une casserole de nouilles mais elles se sont envolées et j’ai
tout ramassé par terre. Je me suis contenté d’un peu de pâté et de
quelques gâteaux. J’ai des réserves, si je ne mange pas normalement
pendant 4 jours, cela ne me fera pas de mal.

Voilà pour ce soir. 90 Miles au compteur, à 7h ce matin je n’en avais
fait que 30 !

A bientĂ´t.

Jean Louis
Sommaire
Commentaire
Précédent
Suivant