Journal de bord de l'Harmattan
Fri, 23 Sept 2011 14:30:00 - 64° 13’E 16° 58’S
N° 366 - Au nord de l’île Rodriguez

16H30 en France, 19H00 heure du bord

Bonjour Ă  tous,

J’ai encore repris une demi-heure ce matin et j’en reprendrais une
autre demain matin pour me caller sur l’heure Réunionnaise. Je
n’aurais alors plus que 2 heures d’avance sur Marseille ou Paris. Cela
me rapproche de la maison, cela commence Ă  sentir le retour.
Finalement c’est plus facile par demi-heure, c’est plus doux.

Je suis ce soir à 160 Miles au nord de l’île Rodriguez, je commence à
me rapprocher de la civilisation. L’île Rodriguez est toute petite,
11,5 Miles par 0,5 Mile. Elle est relativement haute avec un sommet
qui atteint 400 mètres. Elle se situe à 300 Miles à l’est de l’île
Maurice dont elle dépend administrativement. Dans d’autres
circonstances, j’aurais aimé m’arrêter quelques jours ici. Très peu de
bateau y font escale et l’accueil y est réputé chaleureux. C’est une
île volcanique, très verte et très authentique. Elle est entourée d’un
énorme lagon. Longtemps inhabitée, au dix-huitième siècle, elle sert
de garde manger aux bateaux de la compagnie des Indes qui s’arrêtent
pour se réapprovisionner en eau potable et en viande de tortue ce qui
fera disparaître cette espèce de tortues géantes.

Je suis en plein sur une route maritime et tous les jours je croise 2
ou 3 portes-containers qui passent Ă  un ou deux Miles de moi. Cela
m’étonne toujours car la mer est tellement vaste. Par contre aucun ne
m’a doublé, je vais peut-être trop vite pour eux ? J’espère une
arrivée à La Réunion mardi midi, étant ce soir à 550 Miles du port de
la pointe des Galets. Lundi midi je devrais doubler le cap Malheureux,
à 410 Miles ce soir dans mon sud ouest. C’est la pointe nord de l’île
Maurice que je vais laisser sur bâbord. Je vais passer bien au large
car il est encombré de nombreux îlots.

Encore aujourd’hui c’était une belle journée de printemps, ciel bleu,
soleil, mer belle, la navigation est beaucoup plus agréable, le bateau
avance entre 6 et 7 nœuds, vent de travers, presque pas gîté et très
stable. J’ai l’impression d’être dans un pullman. Ce matin j’ai
déroulé le génois en totalité, je l’avais roulé à trois ris hier soir
pour être tranquille la nuit. J’ai toujours ma grand voile arisée au
deuxième ris. Je pourrais les faire sauter, mais je préfère le confort
à quelques dixièmes de nœuds supplémentaires. Je dois luter contre un
courant qui me dépale vers le sud est à la vitesse de un nœud.

Le compteur affiche ce soir 165 Miles, bon, on ne peut pas battre un
record tous les jours tout de même. Je suis très satisfait de cette
distance parcourue, d’autant que j’y ai gagné beaucoup de confort et
de tranquillité.

A bientĂ´t.

Jean Louis
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