Journal de bord de l'Harmattan
Fri, 15 Oct 2010 11:00:00 - 114° 31E 6°48S
N° 238 - Au près en mer de Java



13H en France, 19 heures heure du bord,

Bonjour Ă  tous,

Depuis hier soir, je suis au près, en effet le vent a tourné Nord Ouest.
La nuit a été pas mal agitée avec beaucoup de bateaux et puis des orages. Ce n’est que vers quatre heures que j’ai pu commencer à dormir.

Mon moteur tourne à 1100 tours, cette nuit avec le vent dans le nez, j’avançais à trois nœuds, j’avais pris deux ris dans la grand voile car le ciel était tout illuminé par l’activité électrique. Ce matin j’ai libéré mes deux ris, sorti le génois et bordé mes voiles bien à plat, avec mon moteur à 1100 tours j’arrive à marcher à 5 nœuds en moyenne. Puis en début d’après midi, le vent tombe totalement, c’est la calmasse.

J’ai perdu Louis et Tania sur leur Lohengrin, ils doivent être loin derrière car Louis ne voulais pas mettre le moteur. J’ai beau lancer des appels sur la VHF, personne ne répond puis vers midi, « Harmattan pour Lohengrin », ils sont à 12 miles derrière moi. Finalement Louis a quand même donné un peu du moteur. Ils vont plus vite que moi dans le très petit temps, leur bateau a été conçu pour faire de la régate.

Je suis en pleine mer, il n’y a pas de terres en vue sur mes 360 degrés d’horizon, pourtant la mer est une déchetterie, il y a plein de papiers, de plastiques, d’ordures de toutes sortes. Ceci montre bien que la pollution générée par les populations locales se répand très loin en mer. C’est une question de culture, quand on ne gère pas ses ordures c’est que l’on est encore au moyen âge.

A midi je double la pointe Kamudi, il y a ici des îles coralliennes, très basses sur l’eau, un peu comme aux San Blas. Ces îles sont habitées, si j’avais du temps j’aimerais bien faire un stop ici. D’ailleurs j’aimerais bien passer plusieurs mois en Indonésie, je pense que c’est un peuple à découvrir. Je viens de finir la vaisselle, je sors dans le cockpit et sur mon tribord, juste à côté du bateau, une barque de pêcheurs Indonésiens qui passe sur mon avant. Ils sont trois à bord et rentrent dans leurs îles. Je prends la photo, on se fait signe de la main, j’aimerais bien les suivre.

Je suis donc en mer de Java, au nord de l’île éponyme. Comme en mer d’Arafura, il y a très peu de fond, entre 50 et 70 mètres. Les eaux doivent être poissonneuses, il y a plein de ces gros bateaux de pêche locaux. Ils sont ancrés et attendent certainement la nuit pour pécher. Les équipages flemmardent sous la chaleur écrasante de l’après midi et mon alarme collision n’arrête pas.

Ce soir c’est un voilier qui me double, c’est un genre motor-sailer, il doit avoir une très grosse quantité de gasoil car il ne ménage pas son moteur.

Ma route passe maintenant à l’Est de « Pulau Bawean », l’île Bawean, au sud de Bornéo. J’y serais demain soir.

Pour aujourd’hui, seulement 97 miles.
J’espère que le bateau ne va pas danser toute la nuit et qu’il ne va pas faire la java non plus.

A demain.

Jean Louis
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