Journal de bord de l'Harmattan
Sun, 06 AoĂ» 2017, Ă  17h00 TU et 19h00 en France. - A Cormeilles en Vexin
N° 1023 - Surpopulation (06/08/17)



Bonjour Ă  tous,

Lors de mon tour du monde sous dialyse j’ai réellement pris conscience
du fait que nous étions embarqués dans une machine infernale dont la
vitesse augmente exponentiellement et que nous allions de plus en plus
vite vers une catastrophe imminente.

C’est précisément le 15 Octobre 2010 alors que je viens d’entrer en
mer de Java. Depuis le détroit de Torres les fonds sont très faibles.
Un peu avant la Grande Barrière de Corail je suis passé au dessus de
la fosse des Mariannes avec 11 000 mètres d’eau sous la quille, oui 11
kilomètres ! Mais à partir du fameux détroit entre la Papouasie et
l’Australie avec la mer d’Arafura, les fonds se situent entre 20 et 70
mètres favorisant la pêche.

Je suis maintenant en Indonésie et la mer est encombrée de bateaux de
pêche. C’est la pêche au lamparo qui ne laisse aucune chance aux
poissons. En pleine nuit, même à plusieurs centaines de kilomètres des
cĂ´tes les lampes criminelles qui attirent le poisson comme nos
lampadaires les papillons en été, éclairent la mer comme en plein
jour. La journée les bateaux sont ancrés en pleine mer, les pêcheurs
se reposent et le soir ils sont prêt à reprendre l’hécatombe.

C’est un véritable massacre, je comprends immédiatement que ces
pêcheurs sont en train de détruire totalement la faune marine que
certains appellent « une ressource naturelle » !!! Malheureusement ce
massacre ne se limite pas Ă  la mer de Java, cela continue en mer de
Chine.

Ce mercredi, le 2 Août, l’humanité a consommé depuis le début de
l’année autant de poissons que l’ensemble des océans et des mers
peuvent en produire pendant une année entière. C’est catastrophique !
Depuis quelques dizaines d’années l’humanité s’est emballée. En 1971,
il y a moins de 50 ans, nous Ă©tions encore raisonnable et ne
consommions pas plus que la Terre n’est capable de produire.

Certains prétendent qu’il faut réduire notre consommation mais la
vérité, ce que personne ne dit car politiquement incorrect, c’est que
notre planète est surpeuplée. Comment résoudre ce problème énorme qui
conduit l’humanité droit dans le mur ?

Je pense qu’il faut commencer par prendre conscience de ce problème
qui est également la cause première du réchauffement climatique. Ne
nous trompons pas, traitons la cause et les effets cesseront.

Cette journée de dimanche dans la région parisienne est un bonheur. Il
fait un temps magnifique par rapport aux jours précédents, les grandes
baies vitrées sont ouvertes, le soleil est enfin là et sur RFM Carlos
Santana interprète Europa ce morceau qui donnait en 1976 ses lettres
de noblesse Ă  la guitare Ă©lectrique. Je bricole dans la maison et je
suis bien.

Le bateau recommence à me travailler, je regarde régulièrement les
prévisions météo de Valdivia mais pour l’instant j’ai du travail et
des rendez-vous médicaux. Lors de mon voyage en Sicile j’ai compris
qu’un nouveau Carcinome Spinocellulaire était en train de pousser sur
mon bras droit.

Lorsqu’il ma parlé de greffe la première fois le Docteur Verger
m’avait prévenu que la conséquence majeure est le risque très accru de
cancer de la peau. Ayant la peau blanche et les yeux bleus j’ai tout
faux. J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes et de
visiter l’hôpital Saint Louis à Paris dont c’est la spécialité.

Me voici donc ce jeudi 27 juillet Ă  7h15 du matin devant la porte des
consultations de dermatologie. Une trentaine de personnes sont assises
au sol. On parle très peu français et je me demande qui sont ces gens,
des réfugiés ? Non, ce sont des patients qui attendent l’ouverture
prévue à 8h mais certains sont là depuis 6 heures !!!

Lorsque la porte s’ouvre enfin, l’infirmier est accompagné d’un vigile
et il explique qu’il n’y a que 25 places. Ils doivent faire preuve
d’autorité pour qu’une file arrive à se faire. Nous devons nous placer
par ordre d’arrivée. Je me demande si je vais être retenu dans les 25
mais certains n’ont pas de papiers et ne peuvent être vus, d’autre
sont venus accompagnés.

Je passe en fin de matinée et la dermatologue me confirme qu’il faut
retirer ce cancer sur mon bras de façon urgente, ce sera fait en
ambulatoire le jeudi 17. Mais j’arrive surtout à obtenir un rendez
vous le 23 avec le Professeur chef du service « Cancer de la peau ».
Je suis soulagé car j’ai fait le maximum, je ne peux faire mieux pour
traiter ce problème.

En attendant la dermato me donne une pommade Ă  me passer sur la tĂŞte
et le visage trois fois par semaine. C’est violent ! Je la passe les
lundis, mercredis et vendredis. Le lendemain j’ai le crane qui
suppure. J’ai une pommade pour calmer mais ça brûle, ça gratte, ça
tire, c’est douloureux. Le traitement dure 4 semaines, nous verrons
bien si cela améliore un peu les choses.

A bientĂ´t
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